2ème Solo

de Charles Colin

 

Charles-Joseph Colin (1832-1881)


Né à Cherbourg le 2 juin 1832, son père est également musicien, chef de musique (50° RI) et professeur d'harmonie, et assurera sa formation initiale. Il suivra ensuite l'enseignement de Gustave Vogt (hautbois), François Benoist (orgue), Adolphe Adam et Ambroise Thomas (composition, harmonie, accompagnement et fugue) au Conservatoire de Paris où il collectionne les récompenses. Hauboïste, il deviendra lui-même professeur au Conservatoire de Paris. Organiste, il aura la charge de l'orgue de l’église Saint-Denis du Saint-Sacrement rénové par Cavaillé-Coll et initiera son neveu Louis Vierne à cet instrument. Compositeur, il obtient un 2° Prix de Rome la même année que Bizet, et écrira 8 Solos pour les concours de hautbois du Conservatoire, qui seront très appréciés, joués, réédités et transcrits (en particulier pour clarinette et saxophone). Enseignant réputé, il succède à Berthélémy en 1868 au poste de professeur de hautbois au conservatoire, et il décède à Paris le 26 juillet 1881 au moment des concours.

Il est promu Officier d'Académie pour son œuvre pédagogique (1877) et Chevalier de la Légion d'Honneur 12 jours avant sa mort.


Le 2° Solo de Concours Op 34 a été initialement publié pour hautbois par Triebert en 1870, et réédité pour saxophone par Millereau en 1884, en transposant la partie de piano. La transcription est probablement l'œuvre de Jules Bertain (hauboïste lui-même), qui signera l'adaptation chez Millereau des 4ème et 5ème solos, toujours pour le saxophone. Il est dédié au Naturaliste et pédagogue Charles Delattre.

Compte rendu de concert

LE MENESTREL 144


— La fête que l'Association des Artistes musiciens organise annuellement à Notre-Dame, le jour de l'Annonciation, a été célébrée lundi dernier avec une solennité et une affluence de monde dont on n'avait pas eu d'exemple depuis plusieurs années. L'espérance de cette nombreuse assistance, composée non pas seulement d'artistes, mais aussi de gens du monde et d'illustrations dans toutes les sphères de l'activité intellectuelle, n'a pas été trompée. La Messe solennelle de M. Charles Colin a été magistralement chantée par de puissantes masses chorales, que soutenaient et enrichissaient les instruments aussi délicats que puissants de l'excellente musique de la garde de Paris. Rien ne saurait égaler, dans les vastes basiliques, l'effet de ces instruments de Sax, pour lesquels la partition avait été spécialement composée. C'est un orgue gigantesque aux timbres variés, qui tantôt soutient les voix humaines avec une admirable solidité, tantôt les enveloppe de ses larges harmonies et souvent chante et dialogue avec elles. L'habileté du jeune maître a réussi admirablement dans cette première tentative d'association intime entre le chant de la voix et celui du cuivre. L'espaee nous manque pour rendre un compte détaillé de cette grande composition. Le solo du Gloria et la fugue qui termine le même morceau, le Credo tout entier, l'Agnus Dei et la marche finale de sortie, méritent cependant d'être signalés à part comme les parties capitales de l'œuvre, celles qui ont excité le plus d'admiration dans cet auditoire d'élite, admiration malheureusement contenue par la majesté du temple, où l'applaudissement serait sacrilège. M. Charles Colin, lauréat de 1857, se présentait sous les auspices de ses deux maîtres, Adolphe Adam, dont la belle marche religieuse avec harpes a brisé la glace au début, et Ambroise Thomas, dont Alard a joué l'Offertoire avec cette largeur et cette finesse d'archet qu'on lui connaît. M. Charles Colin a fait également honneur à l'auteur du Noël et à celui de Mignon.


CHARLES BOUSQUET.

Fétis : Supplément 1, p192


COLIN ( Charles-Joseph)

Professeur de hautbois au Conservatoire de Paris, est né à Cherbourg le 2 juin 1832. Excellent professeur et musicien fort distingué, M. Colin a fait de brillantes études au Conservatoire, où il fut l'élève de Vogt pour le hautbois, de M. Benoit pour l'orgue, d'Adolphe Adam et de M. Ambroise Thomas pour la composition, et où il obtint les récompenses suivantes : 2° prix de hautbois en 1851 et 1° prix en 1852; 1° accessit d'harmonie et accompagnement en 1851, 2° prix en 1852 et 1° prix en 1853; 3° accessit d'orgue en 1853 et 1° prix en 1854; 1° accessit de fugue en 1854. Enfin, M. Colin s'étant présenté en 1857 au concours de l'Institut, il obtint de 2ème Premier Grand Prix de Rome pour sa cantate Clovis et Clotilde, de M. Amédée Burion. Parmi les envois de Rome qu'il fit à l'Académie selon les prescriptions du règlement, on a remarqué, pour la première année, une messe solennelle, qui a été exécutée depuis à plusieurs reprises, et pour la quatrième un opéra-comique en un acte, qui dénotait de sérieuses et solides qualités.

Pourtant, et malgré cette brillante carrière scolaire, M. Colin n'a point cherché les succès du compositeur, et ne s'est point produit au théâtre. Nommé vers 1868 professeur de hautbois au Conservatoire en remplacement de Berthélémy, qui lui-même venait de succéder à Triebert et qui était mort peu de temps après, il a consacré tous ses soins à sa classe, qui est devenue l'une des meilleures de cet établissement. Dans un temps où nos virtuoses d'instruments à vent sont si peu musiciens, et dont la plupart sont incapables d'écrire avec correction, sinon avec élégance, un morceau même peu développé, M. Colin se fait remarquer par le soin et le talent qu'il apporte dans la composition des solos de concours qu'il écrit chaque année pour ses élèves et dont plusieurs ont été publiés. - M. Charles Colin est, je crois, organiste de l'église Saint-Denis du St Sacrement.

Un petit fichier midi (c’est très laid, mais çà peut donner une idée générale ...)

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