Ténor C-Melody

 

Le saxophone ténor en ut ou C-melody est un instrument de musique à vent non transpositeur dont la tessiture se situe entre les saxophones ténor et alto.

Cet instrument, joué par Rudy Wiedoeft et par Jascha Gurewich a connu ses heures de gloire dans les années 1910 à 1930. Il était principalement fabriqué aux États-Unis par Conn, Buescher, Holton, Martin et King (parfois sous divers noms de "stencils"), mais n'a pas survécu à la crise de 1929. Seul le facteur américain Jim Schmidt en propose un modèle moderne (doté de plus d'un clétage particulier). Une firme néo-zélandaise fait fabriquer en Chine des ténors en ut modernes (copies de Conn) depuis 2007.

Le C-melody, en ut, joue une octave en dessous des notes écrites (comme le chanteur ténor). Il permet de jouer, sur les modèles anciens, depuis le si b grave (sous la portée) jusqu'au fa aigu (au-dessus de la portée). La logique de sa popularité était simplement de permettre aux saxophonistes amateurs (très nombreux aux États-Unis entre 1920-1929) de jouer directement sur les partitions écrites en ut (pour piano, voix, violon etc). En raison de ce succès commercial, il n'est paradoxalement pas très difficile de trouver un modèle d'époque, sans qu'il soit forcément pour autant en état de jeu.

Naïma de Jaohn Coltrane, par le groupe «40 after JC» en 2007.

C-melody Horace, stencil Martin, bec Babbitt pour c-melody

Il existe deux types de formes. La plupart sont construits avec un col de cygne (comme le stencil fabriqué par Martin de la photo du haut), et s'apparentent donc à la forme d’un petit saxophone ténor. Cependant, sa sonorité s’apparente plus à un alto "allongé" à cause du diamètre du tube. L'autre forme encore plus rare, principalement des modèles Conn (comme celui ci-dessus), ont un bocal à angle droit, ce qui les apparente ainsi à un gros saxophone alto, mais dont la sonorité aurait des accents de ténor (leur tube est plus large).

C-melody Conn avec bocal de forme «alto», comparé à un alto Selmer

Le plus gros problème auquel sont confrontés les saxophonistes actuels qui veulent utiliser un saxophone ancien C-melody, c'est la difficulté à trouver un bec et des anches adaptés. Les becs anciens en ébonite sont souvent hors d'usage, car cette matière n'est pas prévue pour durer plus de 10 ans. De plus, les habitudes de jeu portaient les musiciens à utiliser des becs très fermés selon les critères actuels.

Et très peu de fabricants proposent aujourd'hui une offre de becs neufs de ténor en ut. Cela explique certainement pourquoi certains musiciens préfèrent adapter un bec d'alto ou de ténor actuel de leur goût. Mais si on considère que cela altère le rendu de l'instrument et fausse les proportions du tube, cela explique peut-être la réputation de fausseté qu’on attribue encore aujourd'hui à ces saxophones.

Joués avec des becs d'époque, ou des becs modernes spécifiques, le ténor C-melody est d'une justesse très correcte, comparable aux autres instruments de l’époque et propose une sonorité d'une rondeur particulière.

Bec Buescher pour C-melody

Music with mistakes de Tom Johnson

Version au C-melody réalisée en concert à Reims.

Chaque phrase musicale est jouée sept fois. Six fois comportant des erreurs de notes, de rythme , des fautes diverses, une fois tout est juste.

1° question : entendez-vous les fautes ?

2° question : préférez-vous la version correcte ou une version incorrecte ?

Voir aussi :


C-melody Conn argenté

1920