Centenaire de Marcel Mule
Compte-rendu pour l’AsSaFra de la fête d’anniversaire pour les 100 ans de Marcel Mule, auquel j’étais invité comme président de l’association.
Le dimanche 24 juin 2001, à la résidence “La Louisiane” à Hyères, 50 élèves et amis étaient réunis pour fêter les 100 ans de Marcel Mule. En attendant l’arrivée du maître, ce fut l’occasion de retrouvailles entre anciens élèves dont certains ne s’étaient pas revus depuis 20 ou 30 ans, et qui n’avaient pas hésité à franchir de nombreux kilomètres, voire quelques frontières pour assister à l’évènement.
Etaient également présents les représentants des Associations de Saxophonistes Française (A.SAX) et Américaine (NASA), pour témoigner de la vitalité de son influence sur toute l’école mondiale du saxophone classique.
Un buffet somptueux nous attendait, dressé par le chef cuisinier de la résidence.
Marcel Mule apparaît, et c’est une longue ovation qui l’accueille. Avec humour, le maître remercie et dit : “C’est une réunion de retraités, ici !” (ce qui était effectivement le cas pour une majorité d’entre nous) et ajoute “Il n’y a rien de particulier à faire pour devenir centenaire : seulement à laisser faire les choses. Je n’ai pas de mérite à cela !”
Puis Guy Lacour prend la parole :
“Cher Monsieur Mule
Je suis très honoré et très heureux de m’exprimer au nom de tous ceux qui sont réunis autour de vous aujourd’hui pour vous rendre hommage et vous présenter tous leurs vœux à l’occasion de votre centième anniversaire.
En effet, le 24 juin 1901, dans un petit village normand, à Aube dans l’Orne, naquit un petit garçon que ses parents prénommèrent Marcel. Dès l’âge de 8 ans, vous apprenez le saxophone avec votre papa. Un peu plus tard, ce sera le violon et le piano. A 11 ans, vous remportez déjà un 1° Prix à un concours organisé dans votre région par la Confédération Musicale de France. Après votre scolarité, et puisque tel était le désir de votre père, vous vous inscrivez et êtes reçu à l’Ecole Normale d’Instituteurs d’Evreux. En 1920, vous êtes nommé à Beaumont-le-Roger, là où votre père est chef de fanfare, mais votre idée était de préparer le diplôme de professeur de musique dans les lycées.
Votre courte carrière d’instituteur s’interrompt avec votre appel sous les drapeaux. Vous effectuez votre service militaire dans la Musique du 5° RI, et vous en serez le soliste pendant deux ans. Vous en profitez pour parfaire votre connaissance du violon et apprendre l’harmonie, la fugue et le contrepoint. En 1923, le jour même de votre libération, vous concourrez et êtes admis à la Musique de la Garde Républicaine. Deux mois après, vous en devenez le soliste ; vous avez alors 22 ans. En 1928, vous fondez le Quatuor de Saxophones de la Garde Républicaine qui donnera son premier concert cette année-là à La Rochelle. Une petite anecdote en passant : combien de fois vous ai-je entendu dire en plaisantant au sujet d’une anche qui avait déjà pas mal servi “c’est l’anche de La Rochelle!”.
En 1936, après treize ans de bons et loyaux services, vous quittez la Garde Républicaine pour vous consacrer à votre carrière de concertiste, de quartettiste et de pédagogue. En 1942, c’est la consécration : une classe de saxophone est créée au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, et vous en devenez le titulaire. Vous y enseignez pendant 26 ans et prenez une retraite bien méritée en 1968. Voici résumée bien succinctement votre brillante carrière.
A l’avance considérable que vous aviez acquise par le talent s’ajoute donc maintenant celle que vous avez prise par l’âge : en effet, ni Pablo Casals, ni Arthur Rubinstein, ni Lily Laskine n’avaient pu faire mieux, et cela mérite de sincères félicitations et de chaleureux applaudissements.
Le saxophone, quant à lui, a largement dépassé les 150 ans ; et s’il est toujours au mieux de sa forme, c’est bien à vous qu’il le doit. Vous avez donné à ce bel instrument la place qu’il méritait dans le paysage sonore musical, et l’y avez enraciné profondément. Vous l’avez doté de branches solides grâce aux nombreux élèves que vous avez formés - environ 80 Premiers Prix du Conservatoire - et il est toujours en pleine croissance, car toutes leurs ramifications se couvrent régulièrement de bourgeons. Bien sûr, quelques feuilles ont jauni, mais d’autres toutes fraîches apparaissent. N’est-ce pas là la loi de la nature ?
Vous l’avez compris, vous êtes pour nous, Monsieur Mule, la référence incontournable. Et si j’osais une comparaison audacieuse, je pourrais dire que si d’aucuns se réclament de Karl Marx, d’autres de Charles de Gaulle, nous au P.S. ..... je veux bien entendu parler du “parti des saxophonistes”, nous avons aussi, et ce malgré d’inévitables courants, notre figure emblématique : c’est vous, Marcel Mule.
Permettez au disciple et au partenaire que j’ai été de vous redire toute notre admiration et toute notre reconnaissance pour tout ce que vous nous avez apporté. En ce qui me concerne, les années passées à vos côtés dans votre quatuor resteront inoubliables.
Avant de conclure, et au nom de tous, j’aimerais adresser quelques remerciements bien mérités. Tout d’abord à Roland Audefroy, qui est l’initiateur de cette cérémonie, et qui s’est dépensé sans compter pour l’organiser avec l’importante collaboration de Jean-Marie Londeix. Merci à M. le Directeur de cet établissement pour son hospitalité, et merci pour leur soutien à ceux sur qui l’on peut toujours compter : j’ai nommé les établissements Selmer, Vandoren, Woodwind & Brasswind, les Éditions Billaudot et Leduc, sans oublier l’Association des Saxophonistes (A.SAX) et l’ensemble de Saxophones Français.
S’associent à nous également tous ceux qui n’ont pu être présents aujourd’hui pour diverses raisons : éloignement, occupations professionnelles, mais hélas aussi pour raison de santé (je pense notamment à Daniel Deffayet).
M. Mule, vous avez gravi cent marches, il est grand temps maintenant de vous diriger vers le buffet pour reprendre quelques forces. Cela nous permettra aussi de lever notre verre à votre santé. Mais auparavant, permettez-moi de vous offrir ces quelques fleurs.
Et comme il est de tradition pour tout anniversaire, nous avons le plaisir de vous offrir un cadeau-souvenir. Mais pour cela, je passe le relais à son promoteur, Jean-Marie Londeix, qui va vous dire ce en quoi il consiste.”
Il s’agit en l’occurrence d’un magnifique Livre d’Or sur chaque page duquel figurait la photo et le témoignage de reconnaissance d’un grand nombre de ses anciens élèves.
Auparavant, au nom de la municipalité de Sanary - où Marcel Mule a résidé de nombreuses années -, Claude Décugis avait remis la médaille de la ville à M. Mule.
La partie “officielle” de cette cérémonie se termina par l’exécution de “Jungle” de Christian Lauba par Cédric Carcélès, le plus jeune des élèves admis au CNSMDP cette année.
Il faut également préciser qu’un concert avait eu lieu la veille (le samedi 23 juin à 17h 45’) à l’Espace Maurice Fleuret du CNSMDP, juste après le Récital du Prix de Saxophone. L’établissement qui avait consacré M. Mule en lui offrant la responsabilité de la création de la classe de saxophone, avait tenu à le saluer par un hommage musical. A travers quelques pièces représentatives de son répertoire, ceux qui le souhaitaient pouvaient ainsi proposer un court rappel personnel de la carrière du Maître.
Le programme, applaudi par un public nombreux et enthousiaste, était composé de :
“Goyescas” d’Enrique Granados par Claude Delangle (A) et Fumie Ito (P°)
“Sonate en sol m” de Jean-Sebastien Bachpar Jean-Denis Michat (S) et Fumie Ito (P)
“Habañera” de Maurice Ravel et “Histoires” de Jacques Ibert
par Erwan Fagant (sax A) et Fumie Ito (P°)
“Caprice en forme de valse” de Paul Bonneau par Serge Bertocchi (Tubax)
“Tableaux de Provence” de Paule Maurice par Fabrice Moretti (A) et Olivier Dauriat (P°)
“Introduction et variations” de Gabriel Pierné par le Quatuor Diastema (SATB)
Texte du 26 avril 2001, écrit pour le Livre d’or publié par Jean-Marie Londeix à l’occasion de son 100° anniversaire.
Qui suis-je donc pour vouloir parler de Marcel Mule, alors que nombreux sont ceux qui l’ont côtoyé pendant des années, ont reçu de lui l’héritage de l’école classique du saxophone, et en retour, en ont nourri leurs propres élèves, dont je fais partie ?
Peut-être justement, puis-je parler plus librement, sans implication affective extrême, de ce qu’il continue à incarner pour beaucoup de saxophonistes aujourd’hui ...
Je suis de ceux qui pensent que son héritage reste essentiel, une quarantaine d’années après qu’il ait cessé d’enseigner et de jouer lui-même.
Il va de soi que j’ai grandi (musicalement) dans la tradition qu’il a construite, joué ses recueils d’études, de transcriptions, étudié son répertoire solo et en quatuor. J’ai été impressionné par la fascination, la vénération qu’éprouvaient mes aînés et mes professeurs pour l’homme et le musicien, qui contribuaient à renforcer encore pour moi une impression d’inaccessibilité presque absolue qui entourait son personnage, auréolé de gloire et de mystère.
Mais d’autre part, les discours trop divergents, les réductions un peu simplettes (vibrato, austérité, virtuosité, répertoire ...) m’incitaient à une forme de fronde juvénile, de mise en doute : était-ce donc là tout ce que Marcel Mule nous avait légué ?
La découverte de ses enregistrements (ou plutôt du seul disponible alors) fut pour moi source d’étonnement par rapport à ce qu’on m’en avait dit : peu de choses correspondaient à l’image que je m’étais construite ... ni le son, ni le vibrato, ne correspondaient vraiment à ma pratique personnelle ! Certains n’hésitaient pas à revenir sur leurs dires : les enregistrements plus anciens étaient différents (meilleurs ?). Et pourtant, malgré des qualités de prise de son discutables, il y avait là pour moi quelque chose de bien plus intéressant que ce qu’on me laissait entrevoir ! Une certitude demeurait : Marcel Mule se modifiait selon la vision qu’on avait de lui ! Le mystère s’épaississait...
Les rencontres physiques furent plus rares, évidemment : dans des jurys de Concours comme Gap en 1978, ou Aix les Bains en 1981, ou lors de Congrès Mondiaux du Saxophone (Nürnberg, Kawasaki). Je découvrais un vieux monsieur (j’avais alors l’insolence de mes 20 ans, il avait quatre fois mon âge), qui avait parfois un mot gentil (ou caustique) pour moi ou mes coreligionnaires, et qui semblait presque étonné de la fertilité de sa descendance artistique (“Oh, maintenant, tout le monde joue bien, n’est-ce pas ? Et il y en a, du monde !”). Qui semblait avoir une écoute pointue, et le sens de la répartie. Qui était toujours accompagné de son épouse, et qui n’hésitait pas à poser sur une photo avec un jeune quatuor pour faire plaisir.
Puis il y eut la découverte des enregistrements les plus anciens du maître. Avec effectivement cette illumination : la dextérité exceptionnelle, bien sûr. La beauté de la sonorité, à laquelle le vibrato était intégré (non ajouté), évidemment. Mais surtout ... cette chose indescriptible sur le plan de la gestion du tempo, une sorte de liberté totale, de prise de risque maximale en permanence, une impression de nonchalance et de facilité dont nous savons bien qu’elle ne s’obtient qu’au prix d’une maîtrise bien plus grande que lorsqu’elle est ostentatoire ...
Bien sûr, certains détails avaient vieilli, ne pouvaient plus se concevoir ainsi, mais l’essentiel restait de pouvoir chercher dans cette extraordinaire “manière” de jouer les éléments qui me permettraient de construire ma propre vision de l’instrument.
Et d’abord cette idée iconoclaste : bien sûr, Marcel Mule disait peu apprécier la nouvelle musique, mais n’était-ce pas là trop exiger de lui ? (Lequel des musiciens de son temps avait-il pu suivre les évolutions drastiques de l’histoire de la musique après l’Ecole de Vienne, voire la musique électro-acoustique ?). Mais quant à lui, il jouait de la musique contemporaine en son temps ! Il faisait essentiellement de la création, presque en permanence ! Le répertoire néo-classique français a hélas mal supporté les atteintes du temps : fallait-il (par déférence à celui qui le défendait en son temps) encore chercher à le promouvoir, des décennies après, au risque de se discréditer auprès des musiciens “sérieux” ? A trop s’en tenir à la lettre, ne trahissait-on pas finalement l’esprit ?
Je peux dire que je sortais de cette réflexion conforté dans mes propres goûts et choix, au nom de celui qui pour beaucoup incarnait l’exact opposé !
Ce n’est que bien plus tard que j’ai compris la nécessité historique de faire la démonstration du “classicisme” potentiel du saxophone : Garde Républicaine, CNSMDP, Compositeurs “officiels”, transcriptions de “tubes” de la musique ...). La recherche désespérée d’un répertoire en cours d’élaboration. La difficulté de faire des choix stylistiques sans le recul du temps. Que j’ai écouté des violonistes de son époque jouer avec un vibrato encore plus prononcé (somme toute, M. Mule restait assez sobre, sur ce point !). Que j’ai appris à admettre que chaque artiste peut (et doit) chercher une voie qui sera la sienne, tout en sachant tirer les leçons des réussites (et des erreurs) du passé.
Et puis, il y a eu cette longue conversation (en 1994), qui m’a attaché définitivement au personnage de Marcel Mule. Il avait fait un commentaire extrêmement sympathique au sujet d’un CD de quatuors du XIX° siècle que nous venions de réaliser, et me proposait de le rappeler chez lui pour en parler (je m’apercevais que je n’avais encore jamais osé !). Je souhaitais aussi lui parler du projet de réédition de ses propres enregistrements par les associations de saxophonistes, et en quoi ils étaient si importants à mon sens pour tous les jeunes musiciens (et les autres).
Nous avons parlé répertoire, musique, saxophone, idéaux ... Je garde de ce moment un souvenir inappréciable et ému, dont je ne pourrai jamais assez le remercier.
Oui, Monsieur Mule vous restez à mon sens le modèle parfait pour tous les saxophonistes classiques, parce que la richesse de votre jeu permet à chacun d’y trouver de quoi nourrir ses propres préoccupations techniques et musicales ... pour des résultats d’une étonnante diversité !
Cher Maître, je vous souhaite un excellent centième anniversaire !
Texte écrit pour l’encyclopédie Wikipédia en réponse à une présentation assez critique de Marcel Mule et de son action en faveur de la musique.
Analyse n° 2 - « Pour »
Cependant, pour comprendre le personnage et son action, il faut le replacer dans son contexte historique : au début du XXe siècle, le saxophone est avant tout un instrument associé aux musiques militaires et de divertissement. Il est alors inconcevable pour un compositeur sérieux d'écrire pour saxophone. La classe du Conservatoire de Paris, fermée en 1870 pour cause de guerre et raisons budgétaires ... l'est toujours ! Il est alors nécessaire de donner « ses lettres de noblesse » à l'instrument, pour l'aider à intégrer le monde de la musique sérieuse : les orchestres et les conservatoires ... et la tâche est ardue !
Mule commencera par transcrire des pièces classiques, puis de compositeurs renommés (Ravel, Pierné...), afin d'attirer leur attention, avec succès, sur le quatuor de saxophone. C'est ainsi que nombre de compositeurs écrivirent pour son quatuor : Gabriel Pierné, Jean Françaix, Alexandre Glazounov, Jean Rivier, Eugène Bozza, Georges Migot ; Maurice Ravel envisageait aussi de le faire avant d'en être empêché par la maladie qui l'emporta.
Outre sa très brillante carrière de chambriste, Mule fut également un musicien d'orchestre très actif : il joua avec tous les orchestres parisiens et les plus grands chefs firent appel à ses services. Il créa nombre d'œuvres radiophoniques et de musiques de films : sa sonorité et son vibrato particuliers se reconnaissent lorsqu'on revoit les films de Marcel Carné, René Clair ... et toute la production des années 1930 aux années 1950. Au sein de l'orchestre, il sert, souvent en soliste, des compositeurs aussi divers que Jacques Ibert, Arthur Honegger, Darius Milhaud, André Jolivet, Maurice Ravel, entre autres.
Il est clair cependant qu'il négligea la carrière soliste, appréciant peu les longs voyages et la vie de bohème qu'impliquent cette activité. Il n'était pas non plus particulièrement enclin, comme son rival et alter ego Sigurd Rascher, à solliciter les compositeurs au nom du saxophone, estimant qu'il leur revenait de faire cette démarche... N'oublions pas qu'au moment où il fut recréé pour lui le poste de professeur au Conservatoire de Paris, ses pairs le considéraient comme le « meilleur musicien de la place » à Paris... On ne s'étonnera donc pas dans ce contexte que Mule ait négligé les musiques apparaissant plus marginales : le jazz et la variété rappelaient trop un passé « léger » qu'il souhaitait faire oublier, tout comme certains aspects « populaires » des prises de position de certains musiciens du groupe des six, ou l'intellectualisme de l'école de Vienne et de ses dérivés. Et qu'il ait choisi bien au contraire de soutenir les compositeurs les plus « installés », soit par leur célébrité, soit par leur position de pouvoir : chefs d'orchestres, inspecteurs de la musique, directeurs de conservatoires... dont l'histoire oubliera malheureusement un grand nombre...
À l'époque où il est actif, les rares musiciens français engagés dans ce que l'on nommait la « musique d'avant-garde » étaient considérés comme de doux farceurs... et l'on pouvait difficilement prévoir qu'ils prendraient peu après les rênes d'un « nouvel académisme contemporain ». Au rebours, nombre de compositeurs « modernes » détestaient le vibrato qui avait tant séduit leurs aînés et refusèrent d'être joués de cette manière. Quand ils n'étaient pas, comme Olivier Messiaen, effrayés par la « lascivité » du saxophone de jazz... On peut également comprendre qu'un homme qui vécut jusqu'à cent ans, ait conservé de grandes réserves vis-à-vis des innovations de plus en plus radicales qui naîtraient depuis les années 1960, certainement aggravées par 40 années d'inactivité musicale...
Si l'on tente un bilan, on peut considérer qu'une partie des buts que s'étaient fixés Marcel Mule sont aujourd'hui atteints : le saxophone est désormais enseigné dans tous les conservatoires français par des spécialistes (pratique qui tend à se généraliser dans le monde), alors que ce rôle était auparavant confié aux bassonistes ou clarinettistes. Les compositeurs majeurs de notre temps n'hésitent plus à écrire pour le saxophone, voire les saxophones : celui-ci est même aujourd'hui l'un des instruments les plus sollicités par les compositeurs. Les ensembles de saxophones fleurissent, leur qualité est reconnue et ils s'imposent dans les concours internationaux de musique de chambre. Le grand nombre de musiciens de haut niveau formés dans les conservatoires assure une pérennité à la création, à la recherche et à la diffusion du répertoire le plus intéressant du saxophone, tout comme à une diversité incroyable de démarches individuelles, mais il reste boudé par les orchestres et les programmateurs de concerts classiques (y compris dans la musique contemporaine, un comble si l'on considère la part qu'y tient le saxophone !). Et le répertoire soliste du milieu du XX° siècle souffre en France d'un certain académisme ... le prix à payer ?