20 ans de Xasax

 

Xasax était en résidence à l’Abbaye de Royaumont pour la session de composition 2011 avec Les Cris de Paris et l’Ensemble Recherche.

"2011 : 20 ans de XASAX, une riche actualité"


Ces derniers mois ont été l’occasion d’une activité intense pour notre quatuor : une actualité riche en projets et des participations exceptionnelles à des évènements d’une grande importance dans le domaine de la musique contemporaine.


Tout d’abord, nous avons eu le plaisir d’être invités à jouer pour la remise du Siemens MusikPreis de Munich en mai 2011, souvent appelé le Prix Nobel des musiciens en raison de l’importance de l’événement et du montant des Prix décernés.

Nous y avons créé une pièce nouvelle de Hans Thomalla, Albumblatt II,  lors du concert de remise des prix dans le magnifique Cuvillier Théâtre, magnifique architecture du XVIIIème siècle qui constitue l’un des bâtiments de l’Opéra de Munich. C’était probablement la première fois qu’un quatuor de saxophones jouait dans le cadre de ce prix et le fait que les organisateurs et le compositeurs aient fait appel à nous est bien sûr un témoignage d’intérêt pour notre travail dont nous leurs sommes reconnaissants .


Notre participation en tant que quatuor de saxophone à la session de composition de l’Abbaye de Royaumont  a été un autre moment fort, avec le travail auprès des jeunes compositeurs et les prestigieux professeurs présents : Brian Ferneyhough, Mark André et Hector Parrà. La collaboration avec Les Cris de Paris et l’Ensemble Recherche.

Quelques compositeurs créés à Royaumont en 2011 :

German Alonso, Oscar Piniella, Mathias Krüger, Miguel Farrias

Enfin, la semaine prochaine (le 3 décembre 2011), le quatuor soufflera ses 20 bougies avec l’ensemble ALEPH, auquel nous sommes liés depuis longtemps mais avec lequel nous n’avions pas encore joué en groupe. Le Concert du 3 décembre au théâtre Dunois permettra d’entendre les « classiques » de notre répertoire (Xenakis, Donatoni, Bouchot, Papier …) et un deuxième concert mixte au cours duquel nous créerons avec Aleph des œuvres de Jean-Charles François, Denis Chouillet, Jean-Baptiste Devillers, Erik de Clercq, Ernest H Papier, Dominique Clément.

En tout, un quinzaine de créations sur ce seul dernier trimestre 2011.

La spécificité de XASAX : rester hors norme


Si le but de départ du quatuor a été de jouer TOUT le répertoire contemporain qui nous paraissait en valoir la peine, nous avons hélas (ou plutôt tant mieux) dû renoncer à ce projet, tant les œuvres de qualité sont devenues nombreuses.


Nous avons donc dû nous contenter de « suivre » quelques compositeurs vers lesquels nos choix et parfois le hasard nous ont portés : Xenakis, Donatoni, Cage tout d’abord, puis Dufourt, Kuczer, Netti, Aperghis, Berio, Sciarrino sont devenus des partenaires privilégiés, parmi d’autres plus jeunes. Rarement de ceux qui étaient déjà des amis du saxophone : non par rejet mais aussi parce que notre effort serait moins utile dans ce domaine.


L’idée de ne pas se spécialiser au sein du groupe (sauf peut-être pour le baryton en ce qui me concerne, pour des raisons pratiques) était présente dès le départ, et a favorisé l’éclosion de pièces à effectifs originaux, et ainsi de sonorités particulières, évitant le ronflement parfois pesant des sonorités trop équilibrées du quatuor de saxophones traditionnel.


Ensuite, le fonctionnement sous forme de projets est devenu une marque de fabrique : partenariats avec des musiciens spécifiques ou d’autres ensembles, idées de spectacle ou fil conducteur ....


La malléabilité sonore est également une des forces du quatuor XASAX. Formé d’individualités très marquées et aux conceptions affirmées, formés à des écoles très diverses, ayant chacun une carrière de soliste et de chambriste indépendante, nous sommes habitués à trouver des solutions de compromis satisfaisantes. La recherche d’une manière de jouer qui « rende compte » du projet de la pièce, sans a priori stylistique ou technique, référence à une école ou une autre, à une tradition ou des usages (tant modernes que conventionnels) … Toute idée pertinente est pesée, amendée, adoptée ou abandonnée au profit d’une meilleure.

La rencontre avec la musique de Salvatore Sciarrino a provoqué involontairement un tournant dans notre approche musicale : ses deux recueils de transcriptions, Pagine et Canzoniere da Scarlatti qui constituent une œuvre en soi, nous ont poussés dans nos retranchements, nous obligeant à nous confronter à la musique du passé, dont nous avions un peu négligé l’existence faute de temps et de « nécessité ». La réalisation du CD a demandé un long travail de décryptage des différents langages historiques, et leur adaptation au saxophone n’était pas toujours simple … mais le résultat est incontestablement une réussite. Nous envisageons désormais d’intégrer un jour les quelques pièces du répertoire qui nous semblent valides musicalement, comme les Quatuors de Glazounov et de Schmitt …


La « tendance » de l’automne ? Si l’on s’en tient aux jeunes compositeurs de Royaumont : les instruments graves. Presque toutes les pièces étaient avec baryton (jusqu’à 3), voire tubax. Une seule avec soprano. La famille va bien.


SB, Cité de la Musique : Ensembles de saxophones