Luciano Berio : Diapason d’or

 

Luciano Berio : Canticum Novissimi Testamenti / A-Ronne

LUCIANO BERIO 1925-2003


Canticum Novissimi Testamenti / A-Ronne

Neue Vocalsolisten Stuttgart, Newears4, Xasax, Peter Rundel

Wergo WER6678-2, distr. Distrart ø 2003

TT : 1h Notice en anglais et en allemand

TECHNIQUE : 9/10 DDD

Très bel espace. Grande définition, bel équilibre spectral et très bonne dynamique.


Ceux qui ont assisté l’an dernier au spectacle A-Ronne II conçu par Ingrid von Wantoch Rekowski auront sans doute quelque difficulté à dissocier l’œuvre de Luciano Berio de sa truculente incarnation scénique. Les Neue Vocalsolisten Stuttgart, revenant aux origines (version de 1974, ici sans électronique), nous rappellent magistralement que ce “documentaire sur un poème d’Edoardo Sanguinetti” est avant tout une œuvre radiophonique dans la tradition du Hörspiel. Les techniques spécifiques à ce médium sont aussi efficaces que simples : jeu sur les plans et sur le panoramique, réverbération, écho et filtragefréquentiel suffisent à la mise en relief dramaturgique. Un texte court, riche en références (Évangile selon Saint Jean, Faust, La Divine Comédie de Dante, Manifeste du Parti Communiste, etc.) est soumis à une vingtaine de répétitions variées qui en modifient les sous-entendus. Les Vocalsolisten excellent à passer du chant madrigalesque à d’infinies déclinaisons phoniques - incluant pseudo-prière, rires névrotiques, bruits de mastication et même une courte séquence d’échauffement façon Comedian Harmonists se soldant par l’éraillement général - qui ne sacrifient cependant jamais à l’anecdotique.

Fruit d’une non moins fructueuse collaboration où domine la passion partagée de Sanguinetti et Berio pour le pouvoir musical du mot, le Canticum Novissimi Testamenti (1989) frappe en premier lieu par son homogénéïté. Cette adéquation quasi idéale entre huit anches (quatre clarinettes, quatre saxophones) et huit voix doit autant aux interprètes - dont il faut louer conjointement l’intelligence d’ensemble et les qualités individuelles - qu’à l’écriture virtuose de Berio. Finesse de jeu, épanouissement et fusion des timbres (à tel point que les voix et les instruments sont par moments difficilement dissociables) contribuent à la pleine réussite de cette enthousiasmante alchimie sonore. On ne pourra que se réjouir du couplage de deux œuvres dont la modernité , restée intacte, est intimement liée à l’immédiateté de la puissance musicale.


Pierre Rigaudière, Diapason 01/2008


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Musique contemporaine / Contemporary Music


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Le compositeur italien Luciano Berio (1925-2003) fait partie du peloton de tête des grands défricheurs du xxe siècle. Sa première œuvre date de 1937, mais c’est surtout au cours des années 50 qu’il s’inscrit parmi les pionniers, particulièrement lorsqu’il fonde avec Bruno Maderna le studio de phonologie de la Radio-télévision italienne. L’un de ses terrains d’exploration préférés a été la voix, un univers dont il a pu repousser les limites avec l’aide de sa première épouse, la mezzo-soprano américaine Cathy Berberian. L’enregistrement Wergo regroupe deux œuvres écrites avec le collaborateur fréquent Edoardo Sanguineti. Canticum nivissimi testamenti (1989) met en présence quatre clarinettes, quatre saxophones et huit voix, le compositeur s’amusant à mêler les textures semblables des 16 musiciens, les voix se détachant du tout par leur seule capacité à prononcer des mots. Le disque est complété par un documentaire radiophonique de 1975 «pour cinq acteurs», également de Berio et Sanguineti, certes plus aride que la précédente.


Réjean Beaucage

La Scena Musicale - Vol. 11, No. 9 June 2006

Diapason d’Or,  Janvier 2008

The Guardian        


The writings of Edoardo Sanguineti connect A-Ronne, the "radiophonic documentary for five actors" that Berio wrote in 1975, and the 1988 ballad for eight singers and quartets of clarinets and saxophones Canticum Novissimi Testamenti. Sanguineti was one of the composer's closest collaborators for more than 40 years, and had a profound influence on his thinking about the relationship between words and music. Altogether they collaborated on five works, of which these were the last : the abstract theatre of A-Ronne is built around a polyglot poem by Sanguineti, while the Canticum sets a shortened version from his meditation on death and posterity, with the reed instruments providing a counterpoint to the closely woven vocal writing.


The only other recording of A-Ronne is the eight-voice version of the piece made for the Swingle Singers; this account of the original, more rough-hewn, is closer to Berio's ideals of a piece that crosses boundaries - between speech and song, theatre and opera, high art and the vernacular.


Andrew Clements, The Guardian

Friday October 28, 2005


Canticum novissimi testamenti, pour quatre voix (chantées), est une longue et très belle oeuvre de 1991, avec accompagnement d’un trio de clarinettes et d’un quatuor de saxophones (du plus aigu au plus grave) aussi hystériques que le texte : cela ne laissera personne indifférent ! Berio renoue ici avec une forme de tonalité, ou au moins d’harmonie « analysable », et de musicale beauté pure.

Tout autre chose : « Au début était le verbe », ainsi pourrait-on sous-titrer A-Ronne pour cinq voix, qui marque l'avant-garde la plus acharnée des années 75. Les protagonistes vocaux alternent entre allemand, latin, italien, anglais,

français et grec ancien pour égrener a cappella quelques phrases pas toujours liturgiques (« l’âme du mort sort par le pied » étant l’une des moins cochonnes…) ; on ne chante pas vraiment, mais on déclame, on beugle, on sussurre, on aboie, on onomatopéise, on ulule, on hurle, on susurre, on rigole, on siffle, on gerbe, on ronfle, on pète, dans une sorte de langage parlé goulu. La pièce, de 1975, est conçue pour la radio : c’était alors la mode, une mode qui avait commencé avec des oeuvres telles que Der Atlantikflug de Weill ou, dans le domaine purement textuel, Under Milk Wood de Dylan Thomas. A-Ronne est plus comique que beau, soit dit en passant. Du Berio diablement contrasté !

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© Abeille Musique AMCD 2006

Saftiges Schmatzen

Die Stimme, so schwärmte Luciano Berio über ein Zentralorgan seines Komponierens, schaffe eine ,,sehr breite Assoziationspalette : kulturelle Assoziationen,

musikalische, alltägliche, emotionelle, physiologische und so weiter". Ein Beispiel für diese Bedeutungsvielfalt ist ,,A-Ronne", eine radiophone Dokumentation für fünf Akteure, die er 1974 nach einer Textcollage von Edoardo Sanguineti für Radio Hilversum geschaffen hatte und im Jahr darauf für die Swingle Singers erweiterte.

Der Titel des Stücks spielt kulturgeschichtlich auf die Buchstaben Ette, Conne und Ronne an, die im altitalienischen Alphabet auf ,,Z'" folgten, und damit auf die längst ungebräuchliche Redewendung ,,Dal A al Ronne" statt ,,Von A bis Z". Sanguinetis sechssprachige Collage suggeriert mit Zitaten eine Miniaturkulturgeschichte - vom Beginn des Johannes-Evangeliums über Dante, T. S. Eliot und Roland Barthes bis zum Kommunistischen Manifest. Und Berio erforschte experimentell die Natur des Klangs, indem er die Körper der Darsteller von Kopf bis Fuß, also gleichsam von A bis Z, in komplizierten Wortfindungsprozessen erklingen läßt. Jede Körpergegend,

jeder Resonanzraum tönt lautmalerisch auf eigene Weise: Natur wird zu Kunst, Sprache zu Musik und Alltagsgeräusche und - situationen zu artistischen

Klanggebäuden, Laute zu Worten, aber auch umgekehrt. Die ungeheuer klangsinnliche Theatralik dieses Kicherns,

Hüstelns, Blubberns, Schmatzens, Pfeifens hatte Berio in der Erstfassung elektronisch erweitert. Die Neuen Vocalsolisten Stuttgart hingegen verzichteten in ihrer Wergo-Produktion im Einverständnis mit dem Komponisten auf jegliche Elektronik - mit gutem Grund. Das Vokalquintett setzt seine Sprechund Singwerkzeuge so überwältigend virtuos ein, als verwandle es sich mitunter

in einen Synthesizer. Und die Aufnahmetechnik unterstützt die Illusion, als bewegten sich Darsteller in verschiedenen

Entfernungen vom Ohr in einem Klangraum :

ein ideales Radio-Hörstück.

Nicht allein der ständige Auf - und Ab- bau von Klangplastiken erzeugt Spannung. Dieser Prozeß wird zusätzlich ironisch gebrochen - etwa bei der Überlagerung von Kommunistischem Manifest und Kirchenlied, Alltagsbanalität und kompliziertem Barockmadrigai, saftigem Schmatzen und vergeistigtem Parlieren der Münder. Gerade solche formalen und semantischen Mehrdeutigkeiten bewältigen die Neuen Vocalsolisten

Stuttgart mit einer Bravour, als hätte sich die legendäre Kehlkopfakrobatin Cathy Berberian, Berios Muse und Ehefrau auf Zeit,in ihnen verfünffacht.

Im Vergleich zu diesem Sprach-Musik-Labor ist das vierzehn Jahre jüngere ,,Canticum novissimi testamenti", ebenfalls auf einen Text Sanguinetis, gezähmter, glatter und konventioneller geraten : Die ironische, aber auch abgeklärte Lebensbilanz der Verse vertont Berio nach alter Väter Sitte Wort für Wort, Sinn für Sinn. Er bündelt das Ganze zu einem Zyklus von elf Gesängen, den er im Wechsel von solistischen, chorischen und instrumentalen Episoden an die altitalienische, seit dem späten dreizehnten Jahrhundert bezeugte ,,Ballata" anlehnt. Auch das variable Mitvertonen einer Devise, hier des Wortes «Canticum», vor jedem Gesang ist musikalisches Erbe seit

der Renaissance - sozusagen die Klangentsprechung zu den Majuskeln in Handschriften.

Natürlich ist Luciano Berio auch hier ganz bei sich selbst als raffinierter Erforscher vokaler Klangqualitäten, aber er

ist nicht experimentell wie bei ,,A-Ronne", sondern eher erlesen stimmungsbezogen. Wiederum überlagern sich, typisch für Berios ebenso ausgeklügelte wie klangplastische Schreibweise, die verschiedensten Schichten - diesmal aber im Widerstreit zwischen Eleganz und deren verfremdeter Brechung. Auch für diesen Balanceakt trifft das jetzt achtköpfige Vokalensemble perfekt den rechten Ton zwischen unwiderstehlichem

Wohlklang und spöttischer Stimmverfärbung. Und die Bläser untermalen den Vokalklang so dezent, daß die Grenzen von Singen und Spielen verschwimmen - so, wie der Gratwanderer und Kangzauberer Luciano Berio es haben wollte.    

ELLEN KOHLHAAS, Frankfurter Allgemeine Zeitung

Luciano Berio, Canticum novissimi testamenti ;

A-Ronne. Neue Vocalsolisten Stuttgart, newears 4 clarinets,

XASAX-Ensemble de saxophones modulable,

Peter Rundel. Wergo WER 6678 2 (Note 1)

Berio toma la palabra

Luciano Berio y el poeta Edoardo Sanguineti colaboraron conreciproco entusiasmo en la creacion de distintas obras sobre todo durante los heroicos años 60 ; Passaggio, Esposizione, Laborintus II y A-Ronne, ya del año 74 y que incluye este CD, son fruto de un espiritu rompedor y una imaginacion a veces desbordante en donde el texto se explora a fondo hasta adivinar su potencial semàntico y sonoro ; es, en

cierto modo, un laboratorio de investigacion de la voz humana en el que se construye, se desconstruye, se analiza o sintetiza y se bucea en cornplejas situaciones no precisamente «faciles» de escuchar en sus momentos màs extremos A-Ronne es un documental radiofonico para cinco actores en el que Berio dramatiza y musicaliza en directa colaboracion con los intérpretes el texto escrito en cinco idiomas como una imagen dramàtica en forma de collage del nacimiento del mundo en sus balbuceos, onomatopeyas locos desenfrenosy confusion. Obra, por tanto, hija de su época.

Para Sanguineti no existe mejor contexto musical para sus textos que el que le proporciona su amigo Berio que encarna pura y simplemente como la mùsica puede ser planteada y pensada hoy dia, segùn sus palabras. Canticum Novisimi

Testamenti (1989) es, por otro lado, un trabajo màs homogéneo menos experimental y pretencioso, enteramente escrito en italiano actual. El poema nos habla de la edad madura, la muerte y lo efimero, no sin sus buenas dosis de alegre sarcasmo y vértigo. Ocho cantantes, cuatro clarinetes y cuatro saxofones participan estos quince Canticum cuyo significado se refiere hacia el final de la obra : «Estoy aqui cantando para cantar, diciendo para decir, hablando para hablar, haciendo mi testamento, no pasando el tiempo» . Sin màs comentarios.

Un importante reto musical que llevan a cabo brillantemente

los Neue Vocalsolisten Stuttgart, grandes investigadores

y especialistas del género junto al director Peter Rundel y los ocho estupendos vientos..

M.L.T.  Diverdi

LUCIANO BERIO ( 1925-2003) Canticum Novissimi Testamenti; A- ronne/ Neue

Vocalsolisten Stuttgart. Newears4clarinets. Xaxax, ensemble de saxophones

modulable, Dir. : Peler Rundel/WERGO/Ref :6678-2(1 C D)D 2