Marcus Weiss - Grammont

 

Thomas Müller (*1953), SECCO pour saxophone Alto/Baryton, Piano et Percussion ;

Alex Buess (*1954), ATA 9 pour quatre Saxophones soprano ;

Franz Furrer-Münch (*1924), AUFGEBROCHENE MOMENTE pour saxophone Ténor, Cymbalum et percussions;

Marcus Weiss (*1961), WHITE FRAMES pour Saxophone soprano solo;

Daniel Weissberg (*1954), SO LONG pour quatuor de saxophones;

Thomas Kessler (*1937), INSELMUSIK pour saxophone Alto, Marimba et Piano


Artists

Trio Accanto : Marcus Weiss, Saxophone, Yukiko Sugawara, Piano, Christian Dierstein, Percussion.

XASAX/Paris : Serge Bertocchi, Jean-Michel Goury, Pierre-Stéphane Meugé, Marcus Weiss, Saxophones.

Matthias Würsch, Cymbalum et Percussion.

CD order number  CTS-M 8

Alex Buess (*1954), ATA 9 pour quatre Saxophones soprano ;

Tiré du Grec ancien, «ata» signifie «atmosphère absolue». Cette atmosphère résulte du souffle physique des quatre exécutants. Le fondement de la composition est une série de notes non tempérées, dérivées de neuf gong balinais à mamelon. Ces instruments «capricieux» me fascinent, vu qu’il est impossible d’en cerner et d’en définir le timbre. Ils représentent pour moi un monde totalement réfractaire à la numérisation, donc à toute normalisation. A l’aide de procédés personnels de composition (séquencement, dénaturation, régénération), la tension entre matériau tonal tempéré et non-tempéré donne un champ dense de timbres sur-modulés.                    Alex Buess

Daniel Weissberg (*1954), SO LONG pour quatuor de saxophones ;

Le hasard m’a fait découvrir un récit parlant d’un instrument de musique chinois nommé «so long», inventé apparemment à l’époque de l’empereur Yu (fin du 3° millénaire avant JC), sous la civilisation Longshan. Plus exactement, je suis tombé grâce à internet sur un rapport mentionnant ledit récit. Le so long aurait été un instrument à vent joué simultanément par plusieurs personnes, vu qu’il exigeait énormément de souffle.

Comme il fallait e «ventiler» longtemps avant qu’il ne se mette à sonner, on ne peut exécuter que de la musique continue, sans la moindre pause. Le so long est pour ainsi dire l’inverse de la cornemuse : alors que sur celle-ci, une personne actionne quatre tuyaux (en continu, là aussi), le so long est un tuyau unique qui nécessite quatre exécutants, mais qui émet les multiphoniques les plus incroyables grâce à une fondamentale située dans le spectre des infrasons. C’est ce récit qui m’a inspiré ma pièce pour quatre saxophones, dont le point de départ est la tension entre la continuité absolue de la musique et les difficultés supplémentaires que cela représente pour la respiration des exécutants. J’aurais bien aimé en savoir plus sur le so long mais n’en ai malheureusement pas trouvé la moindre mention ailleurs. Quand je suis retourné sur internet chercher le rapport cité, qui se référait au récit (épuisé depuis longtemps) d’un voyage en Chine au XIX° siècle, il était introuvable. J’ai découvert cependant que la dynastie Xia, qui a produit la culture Longshan, et dont l’empereur Yu est considéré comme le fondateur, n’a pas laissé de traces archéologiques, et que la plupart des descriptions connues ont tendance à l’exagération mythique. Comme la civilisation Shang qui lui a succédé (et qui elle, est attestée solidement) surgit assez subitement dans l’histoire et à un niveau de qualité surprenante, on admet en général que ces descriptions reposent sur un fond de vérité. Il est donc logique de supposer que quelqu’un a inventé le so long au cours de la transmission historique. Quoi qu’il en soit, la pièce portant ce titre existe bel et bien et rappelle le souvenir d’un instrument vieux de plus de quatre millénaires, qui n’a peut-être jamais existé, mais qui existe désormais, du moins virtuellement.                                                       Daniel Weissberg

Marcus Weiss is one of those creative musicians who accept no limits - neither technical nor artistic. He has developed his technique on his instrument - and, through this, its tonal possibilities - to an undreamt-of degree, often working closely with composers. On the present CD, it is Weiss the creative performer whom we hear above all, and in varied contexts. The fact that he has here chosen works by composers who are all outside the 'mainstream', is typical of him. He is far less interested in taking as his starting point the common or garden, than the individual and original. As his discography proves, he has always sought challenges - encounters with works and people that can lead him to new areas of experience. He and his similarly-minded fellow musicians meet the New on a high level of excellence. The performances heard here display a deep understanding of the works in question.