Quel saxophone choisir lorsque vous débutez l’instrument ? En conservatoire, il est parfois possible d’emprunter un instrument pour 1 an. On peut aussi le louer auprès d’un magasin spécialisé, mais cette solution s’avèrera vite onéreuse (autour de 40 € par mois, ce qui revient donc à peu près à 450-500 € par an). Un jour ou l’autre, il vaudra mieux envisager un achat, car tous les élèves travaillent mieux lorsqu’ils ont LEUR saxophone.
Il existe plusieurs options selon les moyens à disposition de la famille : les tarifs indiqués s’entendent pour les saxophones alto et correspondent aux prix couramment pratiqués par les magasins sérieux. Notez que la plupart proposent un pourcentage de réduction par rapport au prix catalogue.
Un élément à prendre en compte sera aussi la taille du débutant concerné : les très jeunes enfants (autour de 7 ans) pourront commencer avantageusement sur un sax soprano courbe, dont l'ergonomie est pour eux équivalente à celle d'un alto pour un adulte. Ces sax sont souvent prêtés par les conservatoires la 1° année. Un problème peut se poser si au bout d'un an l'enfant n'a pas grandi suffisamment pour atteindre les clés de grave d'un sax alto. Dans ce cas, un sax ancien sera un passage intéressant : moins lourd qu'un alto moderne, les clés sont souvent placées plus haut, donc plus à portée de l'enfant.
Dans tous les cas, demandez l’avis de votre (futur ?) professeur : il saura vous aider et vous conseillera un type d’instrument convenant à sa pédagogie.
A) Les instruments neufs
Avantages : sauf pour le bas de gamme, pas de surprise à attendre en général, mais il recommandé de faire essayer les instruments par un professionnel quoi qu’il arrive.
Les saxophones modernes ont fait beaucoup de progrès en matière d’ergonomie et de justesse tout au long du 20° siècle : les clés de grave, d’octave sont plus pratiques à jouer que sur les sax anciens (surtout américains ou antérieurs au Selmer Mark VI de 1954). Autre avantage : la possibilité de paiements échelonnés proposée par la plupart des magasins, tout comme une garantie d'un ou deux ans.
Désavantages : Sur le plan sonore et ergonomique, ils sont souvent assez peu typés d’une marque à l’autre, et ont des personnalités plus “passe-partout”. Les sax Yamaha ont une sonorité ronde mais très peu timbrée en général. Un Selmer a beaucoup plus d'harmoniques mais peut sonner dur s'il est mal maîtrisé. Yanagisawa est plus proche de Selmer, mais avec moins de timbre. Keilwerth (le modèle pro) a une sonorité charnue et très ouverte mais convient mal aux nécessités de la musique classique : il sera rarement recommandé en conservatoire. Pour l’intonation, les Yamaha sont plus tempérés, les Selmer plus souples ... tout dépend donc de ce que l’on recherche. Sur le long terme, Selmer et Keilwerth ont prouvé leur longévité ... jusqu'à 80 ans. Yamaha peut sembler plus fragile mais on manque de recul pour en juger sur les sax haut de gamme. Un sax Yanagisawa postérieur aux années 90 semble là aussi un bon compromis et affiche une très bonne santé après une vingtaine d'années de bons et loyaux services.
1) Les instruments de concert neufs (type Selmer, Yanagisawa ou Yamaha professionnels, Keilwerth aussi pour le jazz). Chers, mais durables (80 ans au moins pour les 1°, ce qui relativise beaucoup le prix d’achat). De 2500 à 3500 € (ou+). Revente éventuelle : entre 1600 et 2000 euros pour Selmer.
2) Les instruments de moyenne gamme (dits semi-professionnel) de type Japonais comme Yanagisawa ou Yamaha milieu de gamme. Espérance de vie de 10 à 15 ans en moyenne. 1500 à 2000 € (maxi) selon les modèles.
3) Les saxophones entrée de gamme (dits d’étude) Yamaha, Keilwerth, Buffet-Crampon, Cannonball, GB, Paul Mauriat ... sont fabriqués à Taïwan, comme Jupiter. Ils n’excluent pas quelques innovations : métaux divers, nacres ... Je n’ai pas d’idée de leur possible durabilité : ce sont des sax récents, mais on peut se douter de performances médiocres. Les Jupiter , (les plus connus mais hélas pas les meilleurs) ont fréquemment des problèmes après 2 à 3 ans ... compter 5 à 10 ans pour les autres. Il est néanmoins difficile de les faire réparer, car le coût des réparations est souvent proche du prix de l’instrument). 900 à 1100 €.
4) Instruments bas de gamme (saxophones d’étude bon marché, type Chine continentale) : des saxophones de qualité extrêmement variable d'un instrument à l'autre, mais globalement peu fiables. Ils n’offrent pas de garantie de fonctionnement correct en fonction de la marque (elles sont souvent interchangeables car fabriqués dans les mêmes usines), ni de durabilité (L’alliage de base contient un taux de plomb élevé). Le problème principal : on ne peut guère espérer l’utiliser plus d’un an avant problèmes si on joue beaucoup (un peu plus si on joue peu ... ou pas). En France, les tarifs des techniciens spécialisés sont élevés : les coûts d'entretien deviennent vite prohibitifs par rapport au prix d'achat. Aucun magasin ne veut les réparer. Compter 300 à 900 € selon achat internet ou magasin (mais dans le 1° cas, le sax peut ne pas fonctionner du tout …).
B) Les instruments d’occasion
Avantages : plus abordables que le neuf, ces instruments peuvent aussi avoir été bien “ouverts” par un musicien expérimenté, ce qui est souvent mieux pour un débutant encore malhabile. Autre point positif : les instruments anciens ont des sonorités souvent magnifiques (le bas de gamme n’existait pas avant les années 1960) et différentes d’une marque à l’autre : ici le choix a un vrai sens !
Désavantages : Comme une vieille voiture, ils nécessiteront probablement plus de coûts pour leur entretien. Et plus ils sont vieux, moins leur ergonomie est performante par rapport à celle des instruments modernes. Dans le marché d’occasion, on n’a pas de facilités de paiement ni de garantie en général. Et il y a quelques pièges à éviter, comme les instruments HP (High Pitch) qui sonnent presqu'un demi-ton au-dessus du diapason, donc inutilisables pour des ensembles ... il vaut mieux se faire conseiller par quelqu’un de confiance qui connaît ce marché.
1) Les instruments de marque d'occasion. Pour les modèles récents cités précédemment : compter autour de 1700-2300 € (cf forum asaxweb, par exemple). Les prix se déprécient peu car leur grande durabilité est une garantie sur le long terme. Pour la revente aussi : le même prix est souvent pratiqué pour un instrument de 3 ou 10 ans, par exemple ...
Quelques instruments anciens sont considérés comme des Rolls-Royce (du genre Mark VI Selmer, King Super 20, Conn 30 M , Buescher Top Hat & Cane) : pour ces instruments qui ont entre 50 et 60 ans, les tarifs flirtent avec le prix du neuf, quand ce n’est pas le double ou plus ... Autre ennui : peu de possibilités de facilités de paiement ...
2) Les instruments anciens : sax américains ou français de bonnes marques, 1920-1960 par exemple : Conn, Buescher, Holton, King, Martin, Buffet-Crampon, Dolnet, Couesnon .... ont des sonorités magnifiques ! Ils se situent dans la gamme de prix du milieu de gamme voire celle des instruments chinois (avec un peu de chance). Il est recommandé de jouer un bec d’époque ou du moins une copie moderne à chambre large, pour éviter les problèmes de diapason. Dans tous les cas essayer (ou faire essayer) le couplage sax-bec.
Compter 300 à 500 € d'achat plus 200 à 1000 pour la remise en état ... donc entre 500 et 1500 € , selon le modèle, son niveau d’entretien, son âge ...
3) Les instruments d’étude d’occasion : peuvent être envisagés pour une très courte période, comme instrument de “passage”. Bien prendre le temps d’essayer l’instrument. Et calculer son espérance de vie (durabilité globale - âge réel). Ne jamais investir au-delà de 500 à 600 euros.
Dans tous les cas, il est indispensable de demander l’avis du professeur, qui sera le mieux à même de conseiller ses élèves en fonction de ses préférences esthétiques, de ses objectifs et habitudes pédagogiques. Et qui pourra, le cas échéant, choisir en magasin le saxophone le plus fiable dans la gamme de prix envisagée.
Tous les professeurs ont fait l’expérience un jour de cet élève qui arrive rayonnant après Noël avec un sax flambant neuf offert par ses grands-parents ... et qui ne marche pas aussi bien qu’on aurait pu le souhaiter !!! (Et on n’ose pas vraiment le lui dire ...).
Je recommande particulièrement :
— le Mark VII : souvent boudé par les musiciens de jazz, son clétage est moins réussi que les autres modèles Selmer mais sa sonorité rugueuse, typée “années 70” n’a parfois rien à envier aux modèles antérieurs de la même marque, hors de prix sur le marché de l’occasion. Peut convenir jusqu’en fin de 2° cycle de conservatoire (8° année).
Autour de 1300 €.
Questions diverses :
Quelle marque choisir pour commencer sur un sax soprano courbe ?
La rolls est le modèle proposé par Yanagisawa, mais il est assez onéreux car ce n'est pas du tout "un sax d'étude". Ensuite, la plupart des marques chinoises en proposent. Dans la mesure où cet instrument ne doit en principe servir qu'au débutant, on pourra prendre le risque, en favorisant les Taïwanais.
Quelles marques principales sont-elles recommandées dans le vintage ?
Les saxophones américains des années 1920-1930 : pour les petits budgets ou les enfants encore petits, on trouve beaucoup de bonnes choses chez Conn, King, Buescher, Martin ou Holton. Ils fabriquaient aussi des « stencils » sous d’autres noms : Wurlitzer, PanAmerican, Lyons & Healy … Ces saxophones pourront permettre de suivre un cursus de 1° cycle (4 ans), mais il faudra les changer ensuite pour ne pas être gêné par leur ergonomie antique. On peut trouver sur eBay.com des modèles révisés autour de 500 $, mais avec le transport postal et l’incertitude de l’achat par correspondance, il vaut mieux y ajouter une sérieuse révision. En France, les instruments Buffet-Crampon, Dolnet, Couesnon, SML, sont parfois aussi intéressants que leurs homologues Selmer, beaucoup plus onéreux.
Dans le cas d'achat d'un saxo vintage, peut-on utiliser des becs "modernes" ?
Oui, mais il faut vérifier que le mariage se fasse bien. En particulier pour des questions de justesse et de qualité de timbre. Essayer un bec ancien me semble important pour bien comprendre ce que les musiciens cherchaient alors. Souvent, une chambre très large, une ouverture limitée et des anches fortes : ce qui donne beaucoup d'impédance d'entrée, un son très rond et chaleureux. On peut ensuite transposer ces données sur un matériel plus récent et plus adapté aux habitudes qu'on a prises.
Quid du problème du diapason -vrai ou faux problème-?
Attention aux saxophones marqués HP (High Pitch, le La autour de 450 Hz), qui sonnent presqu'un demi-ton trop haut : il sera impossible de les intégrer à un ensemble. Sinon, les sax anciens sont en général accordés un peu bas (440 Hz, aujourd’hui plutôt 442 Hz) : on peut éventuellement demander à un artisan habile de les raccourcir, mais mieux vaut enfoncer le bec quand c'est possible ... De manière générale, les sax anciens sont plus souples que les modernes : ils permettent de s’adapter facilement au contexte, mais encore faut-il avoir l’oreille formée pour savoir ce qu’il faut faire …
Faut-il faire revernir un vieux saxophone, souvent déverni ?
L'aspect cosmétique me semble peu important pour un instrument ancien, au regard de ses qualités sonores. La plupart des spécialistes recommandent de laisser l'instrument "dans son jus", et en particulier de ne jamais le faire revernir (car le dévernissage peut altérer les qualités de timbre de l'instrument). L'opération nécessite un démontage complet et donc souvent un re-tamponnage, elle s'avère donc souvent très coûteuse, pour un résultat aléatoire. Choisir l'instrument pour ses qualités de timbre et le laisser tel quel. Bon. Néanmoins, Bob Mintzer joue un Mark VI (si ma mémoire est bonne) qu'il a fait dévernir, argenter puis dorer. Et apparemment çà sonne plutôt très bien ...
Globalement le vernis n'est pas toujours l'ami du son (trop épais) ... c’est pourquoi les musiciens pros préfèrent les sax dévernis, argentés ou dorés (revêtements plus fin).
Que faire si l’instrument est oxydé ?
Même remarque : le plus simple est souvent de ne rien faire. Contrairement à la rouille qui dégrade le fer, l’oxyde de cuivre constitue une pellicule qui protège le métal. Il est donc inutile (sauf raisons cosmétiques) de l’enlever. Sinon, utiliser les produits habituels pour cuivres.
Quels pièges éviter si on ne peut essayer l’instrument ?
Le plus important c'est de vérifier si le tube n'a pas eu d'accidents graves, si des cheminées ou des clés ont été ressoudées (ce qui affaiblit les autres soudures), si les clés fonctionnent librement et si les tampons sont en bon état (car une remise à neuf coûte entre 400 et 600 euros). L'état des ressorts indique aussi quel soin l'ancien propriétaire a mis à conserver son instrument.
Eviter les instruments qui ont eu de gros incidents (cabosses ou "dents"), surtout vers le haut du corps, sauf s'ils ont bénéficié de réparations de qualité. De petits coups ("dings") et rayures n'entraînent que peu d'effets en général, surtout s’ils sont situés vers le bas de l'instrument (la culasse est souvent touchée, l’incidence est rarement importante).
Que faire si le bocal est en mauvais état ?
Les bocaux pliés, cabossés ou cintrés sont difficiles à échanger car tous les instruments sont ajustés de manière très fine … c’est un des points importants à vérifier avant achat. Sur un instrument ancien, je déconseille l’achat sans bocal ou avec un bocal hors d’usage.
Dans quel cas faut-il changer d’étui ?
La conservation en milieu humide ou la consommation de cigarettes laissent des odeurs de moisissures ou de fumée qui peuvent incommoder (en particulier les jeunes enfants) : on veillera à bien aérer l'étui ... ou le changer. De plus, jusqu’aux années 1980, les seuls modèles d’étuis existants étaient de type valise. Souvent solides, mais pas aussi pratiques que les étuis forme ou « light » qui peuvent se porter en sac à dos.
Qu’est-ce qu’un C-melody sax ? A qui s’adresse l’instrument ?
Pour les musiciens ayant commencé par un autre instrument et qui ont l’oreille absolue : le ténor C-melody est un choix judicieux, car c’est un instrument non transpositeur. Mais il n’y a pratiquement pas de partitions écrites spécifiquement pour cet instrument : il faudra certainement apprendre à transposer pour jouer en ensemble. La sonorité très particulière est magnifique, mais attention à se procurer un bec ad hoc (Sinon, c’est faux, évidemment !). Veillez aussi à vous procurer un étui : il n’y a pas de modèles disponibles sur le marché ... Un sax révisé est également préférable, car ces instruments ont souvent souffert depuis 1929 ... date à laquelle leur production s’est arrêtée.
700 à 800€ semble un prix raisonnable.
Conseils d’achat : saxophone pour débutant (révision 2013)