Se réapproprier les instruments anciens

 

Le travail sur instruments anciens est devenu un passage obligé depuis les recherches effectuées par les musiciens spécialisés dans l'époque baroque, et tend aujourd'hui à se généraliser à toutes les périodes de la musique. Mais les saxophonistes ayant toujours vécu leur instrument comme "nouveau", ce concept de " saxophone ancien" semblait un peu un oxymore. Peu de musiciens ont accompli ce travail de recherche à ce jour, et il a surtout été réalisé dans le domaine du jazz, où le souci de mimétisme avec les grands anciens s'accompagne souvent d'une recherche de matériel adéquat.


Mon approche personnelle de ce sujet est également assez récente. Elle s'est nourrie d'un certain nombre de postulats qu'il me semblait important de chercher à démontrer (ou à démonter, selon le cas).


Premier : les musiciens de l'école Rascher ont toujours défendu l'idée de jouer sur des instruments américains antérieurs à 1930, ceux produits postérieurement à cette date étant qualifiés de "Selmérophones", et constituant pour eux une grave déviation de l'idée première d'Adolphe Sax.


Second : l'histoire de la facture instrumentale est un progrès constant vers l'absolu.  Idée que l'on appliquait également à la musique jusqu'au 20ème siècle ... mais qui semble aujourd'hui difficile à défendre.


Troisième : Les méthodes de saxophone anciennes comportent des "recommandations" qui peuvent sembler farfelues. Leurs auteurs étaient-ils donc des imbéciles ? Ou des maladroits, ou des ignares ? Sous cette assertion, l'idée là aussi que la maîtrise technique et musicale aurait subi d'importants progrès au cours du temps ...


La 1ère assertion semblait curieuse : dans la mesure où Selmer avait racheté la Société (et avec elle les ateliers et le savoir-faire) d'Adolphe Sax fils, cette société pouvait légitimement se présenter comme héritière directe du génial inventeur.

Je ne m'étendrai pas sur les liens réels qui existent entre Adolphe Sax, les transfuges de ses ateliers, et les facteurs allemands et américains depuis le 19ème siècle. Venant de Sigurd Rascher, l'une des figures centrales de l'histoire de notre instrument, ce postulat demandait à être étudié avec attention et sans trop d'a-priori.

J'ai eu plusieurs fois l'occasion d'entendre John-Edward Kelly, puis le quatuor Rascher en "live" (plus souvent encore en enregistrements, y compris Sigurd Rascher). Force est de constater que, quoiqu'en pensent et disent certains musiciens français, ces artistes ont un savoir-faire musical de très haut niveau. Si on excepte les jugements de valeur concernant la sonorité et le style de jeu, qui me semblent un peu trop subjectifs pour avoir une valeur réelle, et quoique ces musiciens jouent sur des instruments de près de 80 ans, et qui ne bénéficient donc pas de toutes les innovations techniques effectuées depuis, ils parviennent à jouer juste dans des circonstances très diverses (et pas faciles : avec cordes, avec voix, en ensemble de sax ...), possèdent une maîtrise technique remarquable (ex : le suraigu, qui est un peu leur domaine de prédilection) et sont des solistes toujours très demandés dans le monde.


C'est ainsi que j'ai acquis un beau saxophone Buescher doré de 1928, petit frère de celui que j'avais entendu aux mains de M. Kelly, et un bec Rascher (à chambre large) ainsi que plusieurs autres becs des années 1920 à 1940.

Mes premières impressions : ces becs sont trop fermés pour moi (qui joue une grosse ouverture pour un musicien classique, ceci sur les becs actuels). Après une remise en état de l'instrument et une adaptation des becs à ma (grande) bouche, j'étais paré pour une première exploration.


D'abord, une ambiguïté : on se sent à la fois à l'aise et un peu décontenancé à jouer ces instruments. Ils sont légers, répondent de façon extraordinaire dans le grave et l'aigu, ont une marge dynamique large (surtout dans le p) ... mais quelques innovations techniques ultérieures me manquent terriblement ! Entre autres : la palette de grave excentrée du Balanced action Selmer (1936), assez peu esthétique vue de face, se trouve pleinement justifiée : auparavant, les sol# et le do# grave sont très lourds sous le petit doigt. Il me semble donc que cette invention de Selmer justifie presque à elle seule l'engouement que cette marque a suscité auprès des musiciens, classiques comme jazz, surtout depuis l'après-guerre et l'avènement du Mark VI, dont tous les saxophones actuels semblent être des copies (sur le plan ergonomique).

Par contre, à l'usage, certaines situations, ordinairement délicates sur saxophone moderne devenaient, non pas faciles, mais d'une difficulté "ordinaire". Je pense en particulier à certains passages du 3° mouvement du Concertino de Jacques Ibert, dont je me demande toujours pour quelle raison ils sont si difficiles, et demandent à être retravaillés aussi assidûment chaque jour ... curieusement, je passai au- dessus sans même m'en apercevoir, et ce n'est que rétrospectivement, en y revenant par acquit de conscience, que je m'apercevais que ma difficulté "habituelle" sur ces passages avait disparu.

De même, j'ai eu l'occasion de jouer le Concerto de Glazounov avec un petit orchestre à cordes : j'ai éprouvé un plaisir considérable à jouer cette musique avec mon Buescher, qui se pliait avec grâce à toutes les subtilités de la justesse des cordes (si j'ai moins bien réalisé quelques intervalles, c'est surtout par inexpérience). Et pourtant, l'instrument est moins "tempéré" qu'un Selmer moderne. A fortiori, qu'un Yamaha. Par contre, il possède une réserve de souplesse surprenante. Pour peu que l'on sache ce que l'on veut obtenir, il est toujours possible de le réaliser.


C'est ainsi que j'en ai déduit une première conclusion. Entre 1928 et aujourd'hui, les saxophones (et surtout les becs) ont subi des évolutions importantes : de remarquables gains d'ergonomie, une plus grande projection, plus de timbre. Mais ils ont également défini des priorités qui peuvent être discutées : par exemple, l'augmentation du diamètre du tube qui a permis un gain considérable en volume sonore s'accompagne généralement d'une grande difficulté de maîtrise du grave dans les nuances pp. De même, le souci d'une justesse tempérée quasi absolue (qui fait que même un débutant peut aujourd'hui jouer juste avec piano sans se poser la moindre question) s'accompagne d'une grande raideur quant à l'adaptation de cette justesse au contexte.

Car la mauvaise nouvelle, pour les musiciens professionnels, c'est que la justesse n'est pas un concept absolu et immuable : selon que l'on jouera avec cordes, bois, piano, percussion, orgue, tout l'équilibre risque de se modifier ... et il faudra alors s'adapter. J'en avais déjà fait l'expérience dans les années 80 avec le quatuor Ars Gallica : Yamaha nous avait invités à essayer leurs nouveaux instruments, et nous avons joué le jeu en allant faire un essai à Marne la Vallée. Si la prise en main individuelle de chaque sax était impressionnante (facilité d'émission, homogénéïté de timbre, rapports de justesse), curieusement, il nous était beaucoup plus difficile de jouer juste ensemble. De ce fait, cette expérience n'eut pas de lendemain pour nous. Je précise que cette remarque vaut pour les musiciens que nous étions alors, et les instruments de cette époque : je sais que d'excellents saxophonistes jouent en quatuor et en solistes, parfois depuis longtemps, sur des instruments de cette marque, et qu'ils en obtiennent des résultats tout à fait satisfaisants. La deuxième assertion de départ, concernant le progrès en art, me semble ainsi malheureusement bien mise à mal : il vaut mieux concevoir que chaque musicien, à chaque époque historique, trouve des solutions à la fois musicales et techniques (aidé en celà par la facture instrumentale) pour résoudre les problèmes posés par la musique qu'il doit jouer. Et c'est une fatuité que de penser que l'on joue mieux aujourd'hui que naguère : tout dépend des points auxquels on attache de l'importance !


Il me semble donc qu'à chaque époque historique correspond un certain nombre de préoccupations qui tissent des liens entre les compositeurs, les musiciens et les facteurs d'instruments. Or chaque choix esthétique permettant une avancée dans un domaine s'accompagne, souvent involontairement, d'un recul dans un autre domaine, considéré moins important, ou négligé lors du travail de recherche-développement sur les nouveaux modèles.

Il semble que la période récente a focalisé son attention sur le besoin de justesse, au détriment de la souplesse qui semblait caractériser la musique-les musiciens-les instruments  des années 1920 ...

C'est entre autres pour cette raison, qu'étudier sur instruments anciens la musique de l'époque correspondante me semble indispensable pour mieux comprendre le fond de cette musique. Quitte ensuite à appliquer ce que l'on aura appris en jouant sur son saxophone actuel préféré ... en évitant ainsi de se mettre inutilement en danger.

Les genres.


On sait que le saxophone est présent à l'opéra de Paris, Sax y étant même chargé du recrutement des musiciens supplémentaires, et figure donc dans la nomenclature de plusieurs œuvres lyriques et scéniques. On cite couramment les œuvres de Bizet, Massenet, Délibes, Saint-Saëns, Halévy, Kastner, D'Indy. Quoique peu souvent jouées, elles témoignent néanmoins de l'intérêt suscité alors par ce nouvel instrument auprès des compositeurs. Mais une douzaine de pièces ne constitue pas pour autant un répertoire ... et le saxophone a donc dû trouver d'autres moyens de survie musicale.


On connaît également les Solos de concours écrits pour les concours du Conservatoire pendant les 13 ans où Sax y enseigne : Singelée et Demerssemann principalement au début, sont rejoints par Génin, Klosé, Mayeur et d'autres, constituant un répertoire qui doit probablement atteindre une cinquantaine d'œuvres virtuoses. Ce répertoire "de concours" verra cependant sa fin provisoire avec la fermeture de l'annexe militaire du Conservatoire de Paris lors de la guerre de 1870, dont faisait partie la classe de Sax.


Les éditions Adolphe Sax publient aussi plusieurs ensembles de saxophones : Singelée encore, Savari, Sellenik, Jonas, Mohr, Cressonnois et d'autres fourniront les premières compositions. Ces pièces constituent l'ébauche d'un répertoire de musique de chambre, qui sera abondé par les concurrents de Sax, comme Buffet Crampon, ainsi que plusieurs éditeurs indépendants.


On confie parfois au saxophone un rôle de soliste : les meilleurs musiciens appréciaient de jouer des fantaisies et variations sur des thèmes les plus divers : opéras à la mode, chansons populaires (comme le Carnaval de Venise) .... On connaît la personnalité attachante et étonnante de M. Ali ben Sou alle, qui fut probablement le premier soliste international, jouant ses propres compositions tout autour du monde sur ses "turcophones" ou saxophones améliorés. Louis Mayeur, fort de son expérience de musicien au sein de l'orchestre de l'opéra de Paris, écrit de très nombreuses fantaisies, essentiellement basées sur des thèmes d'opéras à la mode.  Souvent publiées avec accompagnement de piano, on peut supposer que ces pièces ont parfois dû être jouées avec orchestre à vent, voire à cordes. Deux des compositions de Singelée pour les concours de la classe de Sax au conservatoire portent le nom de "Concerto" et "Concertino". Il semble peu probable que ce violoniste émérite et chef d'orchestre ait ignoré le sens habituel de ce titre ... qui suppose un dialogue entre le soliste et un orchestre (ou du moins un ensemble instrumental).


On sait également que le saxophone figure en bonne place dans le répertoire des orchestres militaires, harmonies et parfois fanfares. C'est même sous cette égide que l'instrument a pu survivre pendant les longues années entre la fermeture de la classe d'Adolphe Sax (1870) et l'ouverture de celle de Marcel Mule (1942) au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Les meilleurs saxophonistes militaires assurent l'enseignement des jeunes musiciens (souvent désireux d'intégrer eux-mêmes une formation de Musique régimentaire) et font éditer des méthodes et autres morceaux de genre destinés à la formation et au concert (kiosque et salons sont alors en vogue).


Mais je n'avais jamais mesuré l'importance historique de ... la musique de cirque ! En effet, chacun connaît le rôle actuel du saxophone, souvent confié aux clowns. Mais nous avons probablement bien oublié que le saxophone accompagne toutes sortes de spectacles dès le XIX° siècle ... et que des musiques amusantes, pittoresques ou descriptives lui sont confiées ... et parfois publiées.

Cette branche de notre histoire est loin d'être négligeable ! Car elle mène directement au "vaudeville" américain, dans lequel s'illustra Rudy Wiedoeft, l'homme qui est à l'initiative de la "saxophone craze", une explosion de la mode de notre instrument auprès du public américain, et par voie de conséquence son inclusion dans les orchestres de jazz, entre autres, et le revirement historique que l'on sait, assurant à notre instrument une notoriété qui le protège désormais d'une possible disparition à l'occasion d'un revers de mode.

J'ai ensuite fait l'acquisition d'un saxophone alto Adolphe Sax de 1867. Là encore, il s'agît d'un choix personnel : cet instrument est postérieur à la fixation du diapason Français (à 435 Hz en 1859), et correspond à la fin de la période d'enseignement de Sax au CNSMDP. Je pense donc pouvoir aborder avec lui l'ensemble du premier répertoire du saxophone.

J'ai donc repris mon travail de recherche (commencé en 1993) à la Bibliothèque Nationale de France pour essayer de dénicher quelques perles rares, et autres musiques significatives. Tout en entreprenant d'apprendre à jouer ce saxophone sur un exemplaire ancien (et encore non modifié) de la Méthode Mayeur. La plupart des élèves de Sax étaient probablement déjà clarinettistes (puisqu'ils obtenaient leur prix après deux ans d'études auprès du maître). Je pense donc que ma situation d'étude est assez comparable à la leur : j'entreprends l'apprentissage d'un nouvel instrument alors que je suis déjà familiarisé à un instrument assez proche acoustiquement.


Ici aussi, le travail sur bec d'époque s'imposait mais avec une difficulté supplémentaire : les becs disponibles en état de marche étant beaucoup plus rares sur le marché ...

Le bec acquis avec le saxophone a finalement été l'élu. Malheureusement détablé (le palissandre avait "travaillé" en 150 ans), il a dû être retablé avec précaution. Et cette fois, je n'ai pas opté pour une modification de l'ouverture (d'une part en raison de sa valeur en tant qu'objet de collection, et pour me rapprocher plus encore des sensations probablement éprouvées par les musiciens de l'époque).

Un élément d'information fourni par Clément Imbert (mémoire de maîtrise sur l'histoire des méthodes de saxophone) me permettait de sauter ce pas : il semble que les premiers saxophonistes, tout comme les clarinettistes de leur temps, jouaient en embouchure "double lip", en repliant la lèvre supérieure sur les dents. De ce fait, il était possible de jouer d'une manière beaucoup plus détendue, et éviter de faire plaquer l'anche contre le bec au premier f.


De multiples informations découlent de ce travail. Ici, je retrouve la troisième assertion de départ concernant les recommandations farfelues : par exemple, cette recommandation de Mayeur, de "ne pas serrer l'embouchure dans l'aigu" et au contraire "sur les notes graves, de bien maintenir le bec", qui est un contresens absolu si l'on essaye de l'appliquer aux instruments modernes. Curieusement, sur un instrument de 1867, bec d'époque et embouchure double lip, je constate qu'il est effectivement inutile de chercher à aider l'aigu : les deux clés d'octaves suffisent amplement à obtenir cette tessiture sans le moindre effort supplémentaire. Par contre, le grave ayant tendance à rouler, une pression accrue des lèvres permet de le stabiliser. Petite précision : lors de la publication de sa méthode en 1880 (du moins dans la 5° édition qui est celle sur laquelle j'ai pu travailler), Mayeur précise que "si l'embouchure double est bonne pour la clarinette, elle ne l'est pas pour le saxophone". Ce qui contraste avec la recommandation de la Méthode Kastner de 1842, qui précise que "Adolphe Sax recommande, dans l'aigu et pour obtenir plus de force, de poser les dents sur le bec". Ce qui implique donc que dans tous les autres cas, au saxophone comme à la clarinette, on replie les deux lèvres sur les dents pour jouer.

De plus, il me semble évident qu'il faut recontextualiser les commentaires de l'époque sur le son et les possibilités de l'instrument, souvent décrit comme pouvant passer des nuances les plus douces aux forte les plus tonitruants. Au prisme de l'expérience, il me semble que, toutes proportions gardées, le forte tonitruant de 1850 s'apparente à un bon mf d'aujourd'hui, maximum factuel. N'oublions pas que le XIX° siècle ne connaissait ni l'amplification du rock, ni même la batterie du jazz, qui ont nécessité d'augmenter la puissance du son des instruments acoustiques pour suivre leur niveau dynamique. La musique n'était pas à cette époque un bain omniprésent dans lequel marinait toute la population, mais un évènement rare et précieux, qui plus est, recherché.

Les journaux musicaux ne dédaignaient pas de commenter les prestations d'orchestres militaires lorsqu'elles étaient de qualité, et leur appliquaient le même niveau d'exigence que pour les orchestres symphoniques et lyriques.


Le répertoire : on a souvent dit et répété que le répertoire du saxophone au XIX° siècle est inexistant, et de piètre qualité, et qu'il ne mérite donc pas d'être étudié. C'est à la fois juste dans une certaine mesure, car peu de pièces en solo sont du niveau des meilleures œuvres pour violon ou piano de l'époque. Mais sont-elles vraiment moins intéressantes que celles écrites pour d'autres instruments à vent ? Ou que celles, nombreuses et encore souvent programmées, de la 1° partie du XX° siècle ? Leur simple intérêt historique ne mérite-t-il pas que nous nous penchions sur la question ?


A titre d'anecdote, je suis tombé par hasard sur un commentaire lors d'une réunion de la Société Internationale de Musique (l'équivalent de la SACEM) qui déplorait en 1905 le fait que la protection intellectuelle des œuvres ne soit que de 30 ans après le décès des compositeurs (elle est passée à 70 ans aujourd'hui), entraînant la chute dans le domaine public de nombreuses œuvres fort rémunératrices des compositeurs importants, tels Gounod, Berlioz, Auber, ... la liste s'allongeait et comportait le nom de ... Singelée !! Croyez-le si vous voulez, mais ce compositeur-violoniste-chef d'orchestre ignoré de tous aujourd'hui (à l'exception de quelques saxophonistes curieux) est alors considéré comme un "blockbuster" !

Romance sans paroles  Bergeret301_Bergeret.html
Rêverie Op 134
Pessard302_Pessard_Reverie.html
Beau Soleil d’Espagne Corbin303_Corbin_Beau_soleil.html
Crépuscule
d’Antony Bernier304_Bernier.html
Marche Indienne  Sellenik305_Sellenik_Marche_indienne.html
Élégie 
Nazaire Beeckman307_Beeckman_Elegie.html
3° Morceau de Concert 
Beeckman308_Beeckman_3_Morceau.html
2° Solo 
de Charles Colin306_Colin_2_solo.html

Quelques pièces pour saxophone du XIX° siècle (Editions Cerbère) : réédition critique, recherches sur les compositeurs de l’époque ...